Depuis quelque temps votre chat s’en prend à vous. Il vous agresse parfois très violemment et vous commencez à penser qu’il vous en veut personnellement… « Pourquoi tant de haine ? » me direz vous. Mais est-ce vraiment après vous qu’il en a ?

Un chat frustré peut se révéler irritable
Il est 17h. Minou se réveille de sa sieste, et réclame sa ration de pâtée. Vous êtes occupé à repasser et faîtes mine de ne pas l’entendre. Après 10 minutes de miaulements intensifs, Minou abandonne enfin sa requête et va se poster devant la fenêtre du balcon. Il guette les quelques moineaux affairés à grignoter les miettes du goûter. « Quel festin … inaccessible ! » Vous passez à proximité du félin pour aller arroser vos plantes quand tout à coup c’est l’attaque ! Votre chat, que dis-je votre tigre, bondit toutes griffes dehors, s’agrippe à votre mollet gauche et le lacère littéralement. Vous rugissez (oui, c’est bien vous) de douleur avant de vous prendre les pieds dans le tapis. La chute a été évitée de peu ! Vous hurlez sur ce pauvre Minou et, culpabilité oblige, vous vous dites qu’il se venge parce que vous ne lui avez pas donné à manger plus tôt… Alors vous l’appelez à la cuisine et distribuez sa ration. Le lendemain, alors que vous êtes en train de boire votre café matinal à la cuisine, Minou vous réclame son petit déjeuner. Tandis que vous vous dirigez vers le frigo pour lui donner à manger, il vous agresse à nouveau, cette fois ci au mollet droit. Décidément, il va falloir renoncer à mettre des jupes/shorts pour un temps !

Que s’est il passé ? La première agression comme une attaque redirigée
En effet, votre chat « rêve » d’attraper l’oiseau qu’il aperçoit, seulement cette proie lui est inaccessible. Au moment où vous passez dans son champ de vision, vos mollets mobiles stimulent son « instinct de poursuite ». Il va donc diriger son attaque sur vos mollets à la place de l’oiseau. Il ne se venge en aucun cas de « l’épisode pâtée »… Néanmoins, la faim est une motivation importante à l’apparition des comportements de chasse et de prédation et pourrait aussi amplifier l’intensité de l’attaque.

La seconde agression ou le pouvoir de l’apprentissage
La mauvaise interprétation de la première agression et votre culpabilité vous ont conduit à renforcer (sans le savoir/vouloir) le comportement agressif de votre chat. En distribuant sa pâtée juste après qu’il vous ait agressé(e), Minou a appris : « je l’attaque = je mange ». Le lendemain, lorsqu’une situation similaire se présente (heure du repas + faim + déplacement de vos jambes à proximité), Minou produit un nouvel assaut, cette fois ci par apprentissage et dans le but d’obtenir de la nourriture.

De nombreux facteurs liés à l’agressivité du chat
Un chat peut développer des comportements agressifs pour diverses raisons : s’il ne peut assouvir son besoin d’activité, s’il subit des restrictions territoriales ou alimentaires, s’il supporte de nombreuses frustrations et/ou punitions, s’il est conditionné à l’agressivité… Dans certaines cohabitations, le chat et ses propriétaires sont en grande difficulté. Le tempérament et les besoins de l’animal ne correspondent pas à l’environnement ou au cadre de vie qui lui est proposé. Il ne peut donc pas s’y adapter. Stressé, anxieux, irritable, ce chat peut alors agresser les membres de la famille y compris son être d’attachement. Dans certains cas, l’humain agressé agresse à son tour et l’on assiste à une dégradation rapide de la relation… Pour appréhender ce type de difficulté, une meilleure compréhension des comportements agressifs est indispensable. Le comportementaliste peut vous y aider.

Julie Decompte
www.comportementaliste-chien-chat.fr

Pour construire une bonne relation avec son animal, il est capital de bien communiquer avec lui. Pour cela, il faut être capable de le comprendre et de se faire comprendre de lui. Mais nous ne parlons pas le même langage, alors comment s’y prendre au juste ?

 

Adopter des attitudes canines ?

Copier le comportement naturel du chien (ou du loup) n’est pas le moyen le plus clair de faire passer un message. Car, le chien ne nous perçoit probablement pas comme l’un de ses congénères. Rendons nous à l’évidence, notre espèce est relativement éloignée phylogénétiquement de celle du chien, et nous ne ressemblons pas du tout à notre petit compagnon poilu. Même avec une queue, des oreilles mobiles et des talents d’acteur né, il y a fort à parier que votre chien ne vous confondra pas avec l’un des siens… (Je sens votre déception). Alors comment un chien peut-il interpréter sans équivoque nos intentions lorsque nous jouons à emprunter (imiter) certains comportements canins ?

 

Petit exemple d’imitation :
Face à un comportement non compris et gênant (tel certains types de mictions, agitations, ou encore attitudes posturales et même conduites agressives souvent interprétées comme de la « provocation » de la part du chien), se saisir de l’animal par la peau du coup pour lui montrer qui est le chef, le retourner sur le dos (sans le brutaliser ?), le maintenir plaqué au sol, lui donner une claque dans les babines etc. Ces comportements visent à mimer l’attitude qu’auraient certaines mères ou individus dominants face à un congénère belliqueux ou trop remuant. Léger hic : nous ne sommes pas des chiens ! Si le chien comprend facilement que nous sommes contrariés et plutôt « pas contents », notre imitation
malhabile sera vécue comme un acte de violence et non comme une interaction sociale clairement codifiée. Le chien adoptera une posture de soumission (aplatissement au sol, allongement sur le dos ou même pipi de stress) ou menacera (mordra ?) par peur. Bonjour la confiance et l’harmonie ! De plus, il n’aura pas pour autant « compris la leçon ».

 

L’organisation sociale et la hiérarchie

Si nier que le chien est un être social et voit le monde à travers les codes de son espèce ne semble pas tangible, décrire, penser et construire les relations humain-chien comme reposant sur une hiérarchie linéaire (de type dominant-dominé) interspécifique ne paraît pas non plus approprié. Etablir un mode de communication où il s’agit d’imiter les dominants en s’imposant par la force peut même s’avérer dangereux.

 

Entre chien et homme, il s’agit d’une cohabitation entre deux espèces distinctes.

Nul besoin de se transformer en chien d’un coup de baguette magique ni d’imiter certains comportements maternels ou sociaux canins pour se faire comprendre ! Pour communiquer efficacement avec le chien, sans quiproquos ni malentendus, inventons un nouveau langage prenant en compte :

  • ce qu’est le chien : un chien ! S’exprimant au travers du répertoire comportemental de son espèce, des codes sociaux canins…
  • qui il est : son tempérament et sa sensibilité (plutôt offensif ou défensif, curieux ou peureux…)
  • ce que nous sommes : des humains ! Des êtres appartenant à une espèce différente de la sienne.

Nous pouvons communiquer de façon claire et cohérente avec nos chiens, sans violence et dans le respect de leurs émotions. Proposer un modèle de cohabitation basé sur l’équilibre entre les besoins de nos chiens et nos attentes d’humains pourrait constituer la base d’une relation saine et harmonieuse.

 

idée originale et croquis par Julien Nègre
Dark Médor et Pluke Floorwalker : Idée originale et croquis par Julien Nègre
 

Trop souvent nous nous retrouvons dans des situations difficiles avec nos animaux. En réagissant de façon inadaptée face à l’agressivité de nos chiens nous nous mettons en danger parfois même sans le savoir… Mieux comprendre les conduites agressives et en particulier le comportement de menace pourrait peut être éviter quelques morsures.

 

A quoi sert la menace ?

Lorsque votre chien vous menace, il vous signale qu’il vit une situation désagréable. Quelque chose le dérange et il tente le plus souvent de se soustraire à cet inconfort. La plupart des grognements ou autres menaces visent à mettre l’autre à distance, à repousser ce qui est désagréable ou inquiétant. Ce comportement est de type dissuasif, il sert à éviter le combat.

En vous menaçant, le chien ne cherche pas à « défier votre autorité » ni à vous « provoquer » ni à « créer un conflit », au contraire, il tente de le désamorcer. C’est la situation (incompréhension, compétition, contrainte, douleur…) qui génère un inconfort chez l’animal et conduit à l’apparition de la phase de menace, et non l’inverse !

 

Un signal d’alarme

Si votre chien grogne, montre les dents, vous aboie dessus ce n’est pas un jeu, c’est pour vous prévenir… Si vous restez sourd face à cet avertissement ou si vous persistez au registre de l’incompréhension, la prochaine étape sera la morsure.

 

Que faire face à un comportement agressif ?

Posez vous la question : que feriez vous face à un humain qui vous dirait : « vas t’en, laisse moi tranquille sinon ça va chauffer, j’ai mal ou encore j’ai peur de toi » ? Lui mettriez vous une baffe ? Tenteriez vous de le punir pour lui faire comprendre que ce n’est pas bien ? Insisteriez vous à molester cette personne ou la laisseriez vous tranquille… ?

Attention ! Penser que son chien tente de « dominer », et vouloir réaffirmer sa « position hiérarchique » en s’engageant dans un rapport de force peut vous entraîner sur une pente glissante.

Si jouer les « kamikazes » est exclu, minimaliser la situation et considérer que « ce n’est pas grave » est également dangereux. La menace est révélatrice d’une situation conflictuelle et délicate, il vous faut la comprendre et apprendre à la gérer au mieux. Ne pas prendre conscience du malaise, c’est s’exposer de nouveau (sans le savoir) à des situations dangereuses et risquer d’autres conduites agressives.

 

Quand l’incompréhension laisse place à la violence

Si la relation entre vous et votre chien est difficile, ponctuée de quiproquos et d’incompréhensions, le conflit (et la morsure) vous guette ! En effet, placé dans un climat de tensions et de stress (mêmes « modérés ») le chien pourra menacer voire agresser. L’agression peut être utilisée à titre défensif ou pour éclaircir une situation, mais elle reste un comportement : une réponse que l’animal donne à une situation pour restaurer son équilibre émotionnel. Si les chiens les plus sensibles (craintifs, « hyper sociables », émotifs…) sont particulièrement exposés, tous les chiens peuvent être amenés à vivre un jour une situation inconfortable ou conflictuelle. Suivant le contexte, l’histoire personnelle de l’animal et la relation à son environnement, certains individus pourront « choisir » d’utiliser la menace pour gérer cette situation. A moins que nous, humains, sachions identifier les difficultés, les anticiper et les gérer nous même de façon adaptée sans contrainte ni brutalité.
Car au titre de la violence il n’y a jamais de vainqueur, seulement des blessures inutiles.

 

Julie Decompte
www.comportementaliste-chien-chat.fr

Publié chez French Toutou . com
http://www.frenchtoutou.com/info/decompte_agessivite.php

1/ Choisir un endroit propice

- Un endroit calme sans trop de stimulations.
- Offrez à votre chiot la possibilité de faire ses besoins sur son substrat préférentiel (herbe, béton, terre…)  

2/ Choisir le moment opportun

- Sortez-le rapidement après les phases de repas, de jeu ou de repos.
- Observez votre chiot, s’il exprime une envie (s’agite, renifle le sol ou tourne en rond), sortez-le tout de suite !

3/ Organiser la digestion des aliments

- En proposant une nourriture en quantité adaptée, à horaires fixes et de façon organisée.

4/ Gérer la situation en cas d’accident

- NE PUNISSEZ PAS PETIT CHIOT ! Même pris sur le fait.
- Nettoyez hors de sa vue pour éviter qu’il ne vienne patauger dedans.
- Utilisez plutôt du vinaigre blanc ou de l’eau gazeuse pour le nettoyage.

5/ Les astuces en plus

-  En votre absence, limitez l’espace que votre chiot peut occuper (pour faciliter votre nettoyage)
- Une fois votre chiot plus à l’aise, augmentez progressivement l’intervalle de temps entre 2 sorties de manière à ce qu’il apprenne à se retenir plus longtemps.
- Félicitez le s’il fait ses besoins au bon endroit, gratifiez le de vos plus beaux compliments (« c’est bien ! ») pour l’inciter à recommencer.

Julie Decompte

- Rapportez lui des cartons ou des cagettes (attention ! Evitez les matières plastiques qui semblent stimuler le marquage urinaire).

- Changez régulièrement les jouets afin qu’ils conservent leur pouvoir attractif.

- Laissez le jouer avec les bouchons de liège. Pourquoi ne pas en suspendre sur son griffoir : Percez le bouchon, enfilez une ficelle, faites une boucle, et le tour est joué !

- Cachez quelques croquettes dans des boulettes de papier, sous les meubles et les coins de tapis afin de stimuler son « instinct de fourragement » …

Julie Decompte